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jeudi, mai 2 2013

Back to Jack London - L'Aventureuse

J’ai adoré lire – et presque aussitôt relire, faute de munitions – L’Aventureuse de Jack London, trouvé, lui aussi, sur les étagères de ma nièce. Relire, incontinent, et avec un plaisir égal. Il y avait si longtemps que je n’avais pas remis le nez dans London, dont Croc-Blanc a été, je crois, ma première lecture de « grande ». Il y avait très peu de livres pour les enfants chez nous, et à peine ai-je su lire que je suis passée de quelques albums illustrés – une histoire de castor, une histoire de courlis et de poupée de paille - à Alice au Camp des Biches. Après la déception d’un livre sans images, le frisson de l’aventure, de l’enquête, et des mots inconnus, « masure, bicoque, avoué, course contre la montre »... J’étais ferrée. Croc-Blanc, c’était juste après, chez Hachette ‘Idéal Bibliothèque’. Un cartonnage étoilé sous la jaquette illustrée d’un attelage de chiens de traîneau, avec trappeur. Peu d’images, typographie minuscule pour une toute jeune lectrice, et je m’en souviens comme si c’était hier, les considérations sur la loi du Wild (comment lire ce mot étrange ?), très vite apprise par le louveteau : « Mange ou sois mangé ».  Ça m’avait frappée, je crois que j’y découvrais, tout simplement, la fonction éducative du roman. Et l’immensité, la variété, la diversité du monde. J’en ai lu bien d’autres, et puis, entre la 4ème et la 3ème, à la bibliothèque du lycée Montgrand, d’énormes volumes des œuvres complètes. Il m’en reste, entre autres, l’image saisissante d’un brutal marchand d’esclaves, sur les îles lointaines de l’Océanie (peut-être les îles Salomon, encore ?), littéralement écorché vif de la tête aux pieds par ses esclaves avec le gant de peau de requin abrasive qu’il utilisait pour les châtier, et s’écroulant, en plein soleil, dans le sable. Une image de la cruauté absolue. Je ne sais plus du tout quel était le titre de cette nouvelle.   

Bref, L’Aventureuse - en anglais, Adventure, ce qui met l’accent sur l’action plus que sur le personnage féminin. Car il y a deux héros dans ce roman très exotique, qui se déroule aux îles Salomon, dans les premières années du XXe siècle. Sheldon, un planteur anglais, dont on ne connaîtra pas le passé, au début du roman brûlé par la fièvre au milieu de sa plantation pleine d’ouvriers eux aussi malades, mais surtout terriblement frustes et passablement inquiétants puisque cannibales. Et puis, surgie des eaux telle une moderne Vénus, la jeune et insaisissable Joan Lackland, une Américaine rompue à tous les exercices physiques et au sens pratique ultra-développé. C’est un roman d’aventures qui, à travers ses personnages eux-mêmes, s’interroge sur l’aventure et sur le romanesque. Car  si  Joan en est grande amatrice, l’expérience de la vie aux îles va la conduire à quelques ajustements parfois douloureux, alors que Dave, qui au départ se pense un homme pratique, va se laisser gagner, troubler, séduire par le bouleversement apporté dans sa vie par cette lumineuse jeune femme.

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