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mardi, août 25 2009

Duong Thu Huong - Au Zénith. Pavé Vietnamien

Ça y est j’ai fini ; je l’ai lu d’une traite, naturellement. 786 pages en fait, tassées, mais le papier, crémeux, est agréable à toucher et doux aux yeux. Il y a de belles marges, des interlignes qui aèrent la lecture, et le volume, bien relié, résiste à la torsion : chacun sait que la lecture d’un pavé est aussi un problème pratique : quelle position adopter, quel traitement faire subir au livre, à peine ouvert ou « cassé », à table ou allongé(e), sur le dos ou à plat ventre … ? il m’est quant à moi impossible de ne pas « casser » le dos d’un bouquin que je suis en train de lire. C’est donc un vaste roman indéniablement historique, puisqu’il a pour cadre géographique le Vietnam des années 50 à 69 à peu près, et pour le lecteur occidental infiniment exotique dans la mesure entre autres où les années ne sont mentionnées que selon leurs noms orientaux, ''années du coq, du serpent, du chat'' ou ''du rat'', sans que cela permette particulièrement de s’y retrouver d’autant moins qu’il ne semble pas si facile que cela de trouver même sur la toile un tableau de concordance.

Le roman donc a pour personnage central sinon principal « le président », âgé, et bouclé pour raisons de santé dans un monastère bouddhique réquisitionné pour l’occasion et dont seules deux bonzesses, une très âgée, une jeune, ont gardé le droit d’y officier. C’est la guerre contre les Américains, à la déclaration de laquelle il s’est opposé, mais il n’a plus son mot à dire dans les affaires du pays, auquel il ne sert plus que comme icône, ''Père du Peuple'' et Cie. Le temple se situe dans la montagne à proximité du « Village des bûcherons », et la mort accidentelle de l’un d’entre eux, un « bel homme âgé » pleuré par son jeune fils d’une douzaine d’années, fait revenir à sa mémoire et à son cœur le souvenir douloureux de son propre fils, né d’une liaison éblouie nouée dans sa première vieillesse avec une très jeune femme, et confié après l’assassinat de celle-ci à un de ses amis très proches, M. Vu. La plus que copieuse quatrième de couverture ne vous laissera à peu près rien ignorer de la construction du roman ni quasi de son contenu – c’est encore un problème, ces quatrièmes de couverture où on vous raconte l’histoire. Ici en outre le commentaire, exagérément lyrique, me paraît 1) relever de la méthode Coué 2) envahissant.

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