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jeudi, août 14 2008

Michèle Desbordes - La Demande

Après Les Petites Terres, de Michèle Desbordes, il y a eu La Demande, commandée, avant même de partir, au Pouzadou, la librairie du Vigan – ô le plaisir des villes où l’on peut enchaîner marché et libraire ! – et qui m’attendait à l’arrivée, petit bonheur de vacances.

Narration poétique et incantatoire, longues phrases sinueuses et sans cesse renaissantes, imparfaits obsédants, une sorte de fil des jours hors du temps, baigné de lumière et de silences – il n’y a pas un seul dialogue au style direct, comme si l’écriture était la transcription urgente et pourtant infiniment travaillée d’un courant de conscience qui unirait dans un réseau serré la créatrice et ses créatures : un vieux peintre exilé d’Italie sur les bords de la Loire, regard attentif sans cesse capturant la splendeur et la diversité du monde, et sa servante, active, discrète, taiseuse. Autre regard, qui finit par rencontrer le premier jusqu’à ce que se noue entre eux un pacte qui est aussi une méditation sur la mort.
Le texte s’annonce comme une « histoire ». Pas un roman, certes (que s’y passe-t-il, sinon les rites au fil des jours d’un quotidien qui tisse l’intimité muette du peintre et de la servante ?). Sorte de résurgence intense d’un lointain passé réinventé (sans qu’il soit jamais nommé, le peintre évoque Vinci), recomposé, qui éclaire une grande Histoire d’une « vie minuscule », animant comme sur une scène mentale nimbée de clarté silencieuse la rencontre ardente de deux êtres entre vie, art, et mort.

dimanche, mai 25 2008

Michèle Desbordes - Les Petites Terres - bribes, fragments, parcelles

 

(...) il n'aurait pas fallu ce sourire, cette douceur, cette façon de s'en remettre à vous, de vous confier sa vie, les instants, les heures qui venaient, obscures, invisibles, mais plutôt sur le visage quelque chose de mauvais, quelque chose de revêche qui vous fasse vous éloigner, vous agacer, il n'aurait pas fallu cette douceur qui rendait tout encore plus difficile, c'est qu'il n'est pas tolérable d'aimer comme ça quelqu'un qui s'en va, un vieillard fragile et craintif, de chair et de sang et de cœur qui bat, avec son beau visage lisse et sans peine, sans chagrins déclarés.


Et puis aussi :

 

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