Visite de la Caverne du Dragon de Craonne

Notre guide, le regard pétillant d’intelligence et le sourire bienveillant, nous prévient : plus nous progressons dans la galerie, plus le plafond baisse. En réalité, c’est le sol qui s’élève, jonché de monceaux de gravas.

 

Ce sont à l’origine d’anciennes carrières de pierre, ayant servi à l’édification de monuments de la région. Le nom "Caverne du Dragon" vient de l’Allemand "Drachenhöhle", car un jour que la cuisine prit feu, la fumée qui s’échappa dans le tunnel évoqua les légendes moyennageuses aux soldats allemands qui occupaient les lieux au printemps 1917.

Accompagnés de Mme Allioui, de M. Guérin et moi, les élèves de TES présents ont pu poser à loisir toutes sortes de questions sur le quotidien des Poilus, sur le comment et le pourquoi de telle sophistication, sur le fonctionnement des armes de l’époque (de nombreuses y sont exposées, toutes plus effrayantes les unes que les autres), sur les différentes occupations par les Allemands et les Français, et même sur leur improbable cohabitation, de part et d’autre d’un petit no man’s land central, sur une courte période.

Ils ont pu découvrir que l’électricité avait été posée, ainsi qu’un système d’aération assez perfectionné installé par l’armée allemande puisque sa stratégie était plutôt défensive, donc avec une préoccupation plus grande du confort, tandis que l’armée française plus offensive se contentait d’un confort plus spartiate. Une citerne était présente, ce qui permettait aux troupes d’avoir accès à l’eau - chose très rare sur le front.

Les élèves ont surtout été frappés par le courage extraordinaire dont ont dû faire preuve les belligérants, sous le vacarme des canons, des explosifs de toute sorte. Le destin épouvantable des Tirailleurs sénégalais, envoyés en première ligne, pris en tenaille par les Allemands les a indignés. Ils ont aussi pris conscience du caractère hostile et insalubre des lieux (grandissant à mesure du parcours muséographique). On vit ainsi "l’hôpital", en fait un mouroir, où les moyens nécessairement manquaient. Enfin le cimetière qui n’était qu’une salle mal aérée creusée dans la craie moite, où les morts étaient amoncelés, ajouta à l’émotion.

Une note de gaieté toutefois en fin de visite : les objets à base de métal sculptés, assemblés par les soldats. Avec une récupération des douilles aux standards propres à chaque armée.

Une chose est donc certaine, en cette semaine de commémoration, un siècle après la Grande Guerre, chacun-e s’accorde à chérir la paix si précieuse dont l’Europe bénéficie et qu’on oublie trop souvent.

Cette visite est le premier jalon d’un vaste Projet, concernant toute la Cité scolaire La Ramée, impliquant de nombreux professeurs du Collège et du Lycée, pour célébrer le Centenaire.

 

Commentaires

1. Le mercredi 08 février 2017, 12:32 par L'équipe Dotclear

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