Le Silence #2

Dans Restless, Gus Van Sant filme histoire d'amour et continue de creuser le sillon qui traverse son oeuvre, celui de l'adolescence confrontée à la mort. Comme une sorte de paradis perdu de la première fois. «Ce qui me plaît à cette période, précise-t-il, c'est que ce qui s'y passe arrive toujours pour la première fois. Cette fraîcheur des premières fois me plaît. J'aime cette zone narrative qui est un genre à elle toute seule. Un peu comme le western…» Il ajoute à ce double voyage initiatique une tendresse douce-amère et un côté intemporel. «Il n'y a pas d'ordinateurs ni de téléphones portables dans le film. Cela me permet de me concentrer uniquement sur les sentiments des personnages. La manière qu'ils ont de s'aimer, de se comprendre, de se compléter. Le héros accompagne sa bien-aimée vers l'acceptation de sa fin, tandis qu'elle lui redonne l'envie de vivre malgré ses profondes blessures. Chacun d'eux fait ressortir le meilleur de l'autre.» 

Durant le tournage, Gus Van Sant a tourné des séquences silencieuses, dans lesquelles les comédiens exprimaient leurs émotions à l'aide de leurs yeux et de leur visage… mais sans prononcer le moindre son. «Ces prises sans dialogues sont très utiles quand on s'aperçoit parfois qu'une scène n'a pas besoin d'être explicitée par des mots, note le réalisateur. En salle de montage, on peut découvrir alors que le silence raconte mieux l'histoire.»
Dans le cadre de notre exploration du silence au cinéma, il m'a semblé intéressant de confronter deux extraits issus de la version parlé et de la version muette du film.
 
La version sans paroles


 

La version parlante

Gus VAN SANT, Restless, 2011, Etats-Unis, 91 minutes.