Au détour d'une conversation, on nous a demandé : "Pourquoi ne pas parler immédiatement des discriminations comme l'indiquent les textes officiels et les programmes de l'Education nationale ?"
Remarque intéressante, à laquelle les élèves et les enseignants tentent désormais de répondre.
En image, voici l'état de la réflexion pédagogique au départ de l'année scolaire.reflexion_pedagogique.pdf
Tout part d'une vision pédagogique : parler de discriminations à un élève, n'est-ce pas difficile ? Débuter par un terme abscons et un concept abstrait, n'était-ce pas risquer de déborder très rapidement les enfants qui se seraient alors contentés d'apprendre sans comprendre ?

Avec cette démarche partant des préjugés présents dans la vie quotidienne, nous souhaitions partir d'abord du ressenti et de la perception des élèves. L'idée étant, ensuite, de démonter le mécanisme qui avait conduit à l'apparition de quelques préjugés particuliers. Ceux-ci sont l'émanation plus ou moins volontaires des discriminations rencontrées dans la vie quotidienne.
En se focalisant d'abord sur ce que pense ou véhicule comme poncif un enfant de 12 ans, il devient plus facile de faire ensuite son travail d'enseignement.
C'est aussi le choix de mener une activité croisant plusieurs disciplines, qui sorte de la salle de classe, et qui permette aux élèves de devenir les acteurs de leur savoir.
En procédant ainsi, nous respectons donc bien nos engagements d'enseignants, en dispensant les programmes prévus officiellement.
"Vous vous transformez en militants associatifs" nous a-t-on reproché. En entrant dans sa classe, l'enseignant se doit de laisser à l'extérieur ses idées philosophiques ou politiques : tel est le principe de laïcité. Enseigner une telle question par une approche originale, est-ce de la propagande ? Au fil de ce blog, les enfants feront part eux-mêmes de leur apprentissage en produisant des textes, des représentations graphiques. Cette action pédagogique n'a d'autre but que de mettre en activité des élèves sur un sujet complexe à aborder. C'est simplement le choix d'une pédagogie différente.
En utilisant le lien vers les programmes officiels en cours pour les classes de cinquième et de quatrième, on pourra en outre se rendre compte qu'il est demandé aux enseignants de parler des discriminations et de leur caractère illégal. Le tout fait partie d'un programme sur l'égalité des citoyens en France : alors, militants associatifs ?? Pas certain !