L'Histoire Géo au lycée Vinci

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jeudi, novembre 24 2011

Chronologie de la guerre froide

chrono.jpgPour vous aider dans vos révisions, voici une chronologie de la guerre froide organisée en plusieurs thèmes :

dimanche, décembre 12 2010

Des compositions sur la guerre froide

En classe, nous avons réfléchi sur des sujets de composition (ou de réponse organisée). Je remets ici les indications de plans possibles.

Sujet 1 : L'Europe, enjeu des rivalités Est-Ouest (1947-1991)

Problématique : En quoi l'Europe est-elle un enjeu de la guerre froide de 1947 à 1991 ?

I. 1947-1961 : Une Europe divisée en deux

  • Une Europe séparée par le "rideau de fer"
  • Une organisation en deux blocs
  • Berlin comme lieu de tension

II. 1961-1985 : Une Europe qui subit les évolutions de la guerre froide

  • L'apaisement en Europe (1961-1975) : Östpolitik, conférence d'Helsinki
  • Une Europe qui conteste la bipolarisation : France de de Gaulle, Printemps de Prague en 1968, manifestations en Pologne dans les années 1980
  • Des tensions plus fortes avec la guerre fraîche : crise des euromissiles

III. 1985-1991 : Une guerre froide qui prend fin en Europe

  • Des signes annonciateurs à l'Est : dissidences, problèmes économiques
  • L'effondrement du "rideau de fer" en 1989
  • Une nouvelle Europe : réunification de l'Allemagne, Europe de l'Est alliée aux États-Unis

Sujet 2 : La question allemande, enjeu de la guerre froide (1945-1989)

Ce sujet est très proche du sujet précédent, les limites spatiales et chronologiques seules varient.

problématique : En quoi l'Allemagne est-elle un espace majeur de l'affrontement entre les deux Grands ?

I. 1945-1961 : Une Allemagne au centre des tensions

II. 1961-1975 : Un apaisement des tensions en Allemagne

III. 1975-1985 : Une guerre froide qui s'achève en Allemagne

Sujet 3 : Le modèle soviétique dans la confrontation Est-Ouest de 1945 aux années 1970

Problématique : Le modèle soviétique est-il réellement attractif de 1945 aux années 1970 ?

I. Un modèle communiste

  • Une idéologie marxiste et révolutionnaire
  • Une économie très centralisée
  • Un système politique encadré

II. Les succès du modèle communiste

  • Un modèle imposé en Europe
  • Un modèle attractif à travers le monde : partis communistes, intellectuels, figure du Che Guevara
  • Une diffusion qui se poursuit sous forme de guerillas : Viet-Nâm, Afrique, Amérique du Sud

III. Les remises en cause du modèle

  • Les révoltes contre le modèle : Berlin en 1953, Hongrie en 1956, Tchécoslovaquie en 1968
  • D'autres modèles communistes : Yougoslavie, Chine
  • Une remise en cause en URSS après la mort de Staline : le XXe congrès du PCUS

Sujet 4 : Le monde depuis 1991 : un nouvel ordre international ?

Le sujet n'est pas très difficile, il suffit de reprendre les éléments du cours en changeant les titres des parties pour mieux "coller" au sujet.

Problématique : La chute de l'URSS a-t-elle marqué la naissance d'un nouvel ordre mondial ?

I. Un ordre mondial américain ?

  • Les États-Unis, arbitres des relations internationales (1991-2000)
  • L'unilatéralisme américain (2000-2008)
  • Mais des États-Unis affaiblis

II. Un nouveau désordre mondial ?

  • Des conflits nombreux mais localisés
  • Des acteurs des relations internationales plus nombreux
  • Mais des institutions internationales plus présentes

Source de l'illustration :

Il s'agit bien évidemment du Penseur de Rodin (Photo de Piero d'Houin Inocybe via Wikimedia Commons)

vendredi, novembre 26 2010

Reagan et l'empire du Mal

Succès ou échec du projet IDS de Reagan ?

Quand Reagan présente son projet de bouclier antimissile satellitaire, beaucoup se moquent de ce projet irréaliste vite surnommé "Star Wars" par ses opposants. Et les démocrates, majoritaires au Congrès, freinent les dépenses sur le projet. Même chez les alliés des États-Unis, on doute de ce projet comme en RFA ou en France. On redoute surtout la fin de la dissuasion nucléaire à partir du moment où un des Grands serait pratiquement invincible.

Signe de l'aspect irréaliste du projet, le gouvernement Clinton met fin au programme IDS en 1993. Déjà en 1987, d'après Le Point, des experts avaient fait le constat de son "échec catastrophique", à cause de problèmes informatiques insolubles à l'époque.
Malgré cela, selon le magazine, le programme est un succès : "En déplaçant la course aux armements dans le domaine spatial, l'ancien acteur hollywoodien a « bluffé » l'URSS. Reagan savait que celle-ci lui emboîterait le pas, au prix de dépenses énormes..." qui auraient ruiné l'URSS et précipité l'effondrement du bloc de l'Est.
L'autre intérêt du programme, c'est qu'il a permis d'injecter 12 milliards de dollars en 5 ans dans l'économie et qu'il a encouragé la recherche scientifique. Cela aurait favorisé la diffusion des innovations technologiques du type "miniaturisation des composants, développement des systèmes de communication, généralisation des lasers". Bref, cela assurait aux États-Unis une avance technologique.

Et en guise de conclusion, je remets ici l'explication de texte faite en classe et son corrigé.

Source de l'image :

Dessin de Chris Madden

L'explication de texte sur le discours de Ronald Reagan en 1983

L'empire du Mal, l'Union soviétique dénoncée comme « l'empire du Mal » par R.Reagan (8 mars 1983).

« Nous ne mettrons jamais en péril nos principes et nos critères moraux. Nous n'abdiquerons jamais notre liberté. Nous n'abandonnerons jamais notre croyance en Dieu. Et nous ne cesserons jamais de rechercher une paix véritable. Mais les prétendues solutions prônées par certains et qui passeraient obligatoirement par le gel nucléaire ne nous permettent pas de défendre ces idées essentielles à l'Amérique. La vérité est que décréter le gel aujourd'hui serait une tromperie dangereuse, car il ne s'agirait que d'une illusion de paix. La vérité, c'est que nous devons rechercher et trouver la paix par la force.(...)

L'Histoire nous apprend que prendre nos désirs pour des réalités et rechercher naïvement la conciliation avec nos adversaires n'est que folie. Cette attitude reviendrait à trahir notre passé et à dilapider notre liberté. En conséquence, je vous encourage à vous élever contre ceux qui chercheraient à placer les Etats-Unis dans une position d'infériorité militaire et morale. Et, lorsque vous débattez des propositions de gel nucléaire, je vous exhorte à vous défier de la tentation de l'orgueil, de cette tentation qui consisterait à vous décréter allégrement au-dessus de la bataille, à décider que les deux camps sont également coupables, à ignorer les faits de l'Histoire et les pulsions agressives de l'Empire du Mal, à vous contenter de dire que la course aux armements n'est qu'un vaste malentendu et par là même à vous soustraire au combat entre le juste et le faux, le bien et le mal. (...) Je crois que nous relèverons le défi. Je crois que le communisme n'est qu'un chapitre supplémentaire, triste et bizarre, de notre Histoire dont les dernières pages sont entrain de s'écrire sous nos yeux. »

Discours d'Orlando devant la convention annuelle de l'Association nationale des Évangélistes. Cité dans R.Reagan, Une vie américaine, Mémoires, JC Lattès, 1990.


Questions :

  1. Présenter l’auteur et le contexte.

  2. Quelles références à la doctrine de Truman retrouve-t-on dans le texte ?

  3. Quelle doit être l’attitude des Etats-Unis face à l’URSS selon le président Reagan ?

  4. Quels éléments de la politique étrangère des présidents précédents Reagan critique-t-il dans ce discours ?

  5. Qu’est-ce que Reagan reproche à ses interlocuteurs ? Qu’est-ce qui dans, son discours, cherche à les séduire ?

Quant à la correction, elle est ici.

mercredi, novembre 24 2010

La guerre froide sur le blog

Histoire de faire un peu de récup', je ne peux que vous conseiller d'anciens messages sur la Guerre froide pour compléter ce qui a été dit en classe. 

lundi, novembre 8 2010

Le modèle américain en 3 génériques

Le modèle politique : une démocratie libérale

  • Le mythe fondateur : la Conquête de l’Ouest

Ce thème a été popularisé au cinéma par les films de western. L’imaginaire lié à ce mythe est tellement fort qu’il a traversé les frontières et qu’on le retrouve dans la bande dessinée franco-belge avec la série de Lucky Luke ou celle de Blueberry ou bien encore dans le cinéma italien avec ce que l’on a appelé les western-spaghetti (et en particulier les films de Sergio Leone).

Ici, il s’agit du générique d’un film de western culte : La Conquête de l’Ouest de John Ford avec John Wayne, de 1962. Le titre original est en fait How the West was won. Cela traduit bien un thème important du mythe de la conquête de l’Ouest : l’Ouest est une contrée sauvage qui devient la terre d’accueil d’Américains, de condition très modestes, qui vont « civiliser » cet Ouest, le développer et qui vont s’enrichir de cette façon.

Les premières images montrent ces vagues de migrants allant vers l’Ouest en espérant la fortune. Cette migration est montrée telle une chevauchée héroïque. La violence de cette conquête y est tout juste suggérée par l’image brève de canons : les Amérindiens que l’on voit paraissent avoir été déjà « pacifiés ».

Dès lors, les signes de civilisation se multiplient : c’est l’arrivée du train qui permet d’assurer les liaisons avec la côte Est, les constructions de maisons, les bateaux qui circulent sur les rivières, les champs qui sont cultivés et enfin la figure du shérif qui lutte et vainc les différents bandits.

Le mythe de la Conquête de l’Ouest met donc en scène plusieurs figures :

  • le shérif incarne la loi et l’autorité qui finissent par s’imposer dans cet Ouest sauvage pour en faire une région civilisée.

  • Le pionnier qui quitte tout pour tenter sa chance et réussir grâce à sa ténacité dans un Ouest sauvage.

  • Le cow-boy qui est un vacher, c’est-à-dire un gardien de troupeau : il est prêt à mettre en jeu sa vie pour défendre son bien.

  • Le modèle économique

Dallas est une des séries les plus connues à travers le monde de l’Amérique triomphante. Elle a été diffusée entre 1978 et 1991 et correspond à une période d’affirmation des Etats-Unis à travers le monde (avec le slogan « America is back » du président Reagan lors de la campagne électorale de 1980). Il est d’ailleurs intéressant de noter que la série disparaît en même temps que l’URSS.

La série met en scène une riche famille dont la prospérité repose à la fois sur l’élevage et sur l’exploitation de pétrole. Ce sont en effet deux secteurs économiques importants pour l’Etat du Texas.

Les premières images du générique correspondent à des images aériennes de la ville qui illustrent cette richesse économique : image d’autoroutes conduisant vers de nombreux gratte-ciel. On peut remarquer que cette ville au milieu d’une région qui apparaît aride permet de renouveler le mythe de la Conquête de l’Ouest : là aussi, le peuple américain a réussi civiliser un milieu hostile, une ville est ainsi née au milieu du désert. La suite du générique juxtapose les images de la modernité et du gigantisme de l’agriculture texane et celles de l’exploitation du pétrole et de la fortune qui en découle. Là encore, le thème de la Conquête de l’Ouest est renouvelé car l’élevage et l’exploitation du pétrole sont des activités qui étaient au centre des films de western. Le cow-boy de Dallas a toujours un chapeau, monte à cheval même s’il travaille essentiellement en circulant en 4x4 et en faisant marcher de nombreuses moissonneuses batteuses. Mais comme les pionniers de la Conquête de l’Ouest, les Américains de Dallas se sont lancés dans l’économie à partir de rien et ont bâti des empires. Leur violence dans l’économie, mise en avant dans les paroles de la chanson de générique, rappelle la violence présente dans l’Ouest sauvage.

  • Un modèle de société

La série La Fête à la Maison est un peu plus récente, elle a été diffusée de 1987 à 1995. L’image qui est donnée de la société américaine est celle d’une société centrée sur la famille. Mais ce sont rarement les familles les plus pauvres qui sont montrées dans ce type de séries.

Le générique met en effet en scène le mode de vie et donc le niveau de consommation de cette famille américaine. La première image montre par exemple cette famille rassemblée dans une grosse voiture décapotable. La voiture n’est pas un simple moyen de transport pour la famille américaine : c’est un symbole de richesse (d’où des voitures démesurément longues et grosses) également souvent associé à une certaine idée de l’individualisme et de la liberté (d’ailleurs l’émancipation des jeunes ne passe-t-elle pas par le fait d’avoir sa voiture ?). Du coup, cette voiture, on la soigne, on s’y attache (d’où l’image où un des personnages essuie son pare-brise).

Enfin, ce niveau de vie est également suggéré par les images d’une maison individuelle dont on est propriétaire. Cette maison doit avoir son jardin, soigneusement entretenu également (d’où les jolies fleurs). Mais ce qui est le plus caractéristique de ce mode de consommation est sûrement l’image de fin avec la vaste étendue de pelouse juste devant la maison.

Ce générique est ainsi une parfaite illustration de l’American way of life et des valeurs qui lui sont étroitement liées : l’individualisme et le rôle essentiel de la famille proche.