L'Histoire Géo au lycée Vinci

Mot-clé - correction

Fil des billets - Fil des commentaires

mardi, juin 19 2012

Commentaires sur les sujets du bac 2012 en terminale (L-ES-S)

De nouveau cette année, le sujet de majeur porte sur l'histoire avec des intitulés assez classiques.

Sujet 1 - Composition (L-ES)

Le sujet : L'Europe dans la guerre froide (1947-1989)

Un beau sujet (c'est-à-dire, un sujet pas évident) qui nécessite de faire le lien entre plusieurs chapitres du cours. Le contexte de la guerre froide a été vu dans le chapitre 3 du thème 1  ("les grands modèles idéologiques et la confrontation Est-Ouest jusqu'aux années 1970"). Mais l'Europe a été traitée plus spécifiquement dans le thème 2 (L'Europe de 1945 à  nos jours) avec les chapitres sur les démocraties populaires et celui sur l'Europe de l'Ouest en construction. La difficulté est donc d'organiser des idées venant de 3 chapitres différents.

Attention, il ne s'agit pas de traiter de la guerre froide dans son ensemble : les États-Unis et l'URSS ne doivent apparaître qu'en arrière-plan !

Le cadre chronologique est précis : on commence en 1947 avec le début de la guerre froide et la formation des blocs. On s'arrête en 1989 avec la chute des régimes communistes en Europe de l'Est.

Le plan et la problématique

La problématique vise à montrer que la guerre froide marque l'histoire de l'Europe (et ici, la coupe en deux) de 1947 à 1989. Pour y répondre, un plan chronologique apparaît le plus adapté, en s'appuyant sur les grandes périodes de la guerre froide.

Il convient d'étudier dans un premier temps la coupure en deux de l'Europe avec la formation des blocs qui fait suite aux doctrines Truman et Jdanov. Cette coupure est marquée par des tensions dont Berlin est le théâtre privilégié (blocus de Berlin en 1948-49, puis construction du Mur en 1961). Des deux côtés du "Rideau de fer", les États s'organisent de manière opposée : projet de construction européenne à l'Ouest (CECA en 1951, CEE en 1957), établissement de démocraties populaires sur le modèle stalinien à l'Est.

Après la mort de Staline et surtout à partir de la Détente (1962), les tensions deviennent moins fortes entre les deux moitiés d'Europe (Ostpolitik, conférence d'Helsinki). Cela se traduit à l'Est par des tentatives pour s'affranchir du modèle soviétique, tentatives violemment réprimées (ex. Printemps de Prague en 1968). Les tensions reprennent cependant avec la guerre fraîche (à partir de 1979) et l'implantation de missiles américains pour riposter aux missiles soviétiques (crise des euromissiles).

C'est avec l'arrivée au pouvoir de Gorbatchev en URSS (1985) que les dissensions à l'Est reprennent de la vigueur et gagnent en audience (ex. syndicat Solidarnosc en Pologne). Cette lutte politique qui s'appuie sur le mécontentement lié aux difficultés économiques conduit à la chute des régimes communistes en 1989 selon des formes différentes en fonction des États.

En conclusion, on peut noter que la fin de la guerre froide signifie la fin de la coupure en deux de l'Europe dont la chute du Mur de Berlin, puis la réunification allemande sont le meilleur exemple.

Sujet 1 - Composition (S)

Le sujet : La décolonisation de la fin de la Seconde Guerre mondiale aux années 1960

Ce sujet est en quelque sorte la suite logique du sujet de l'an dernier portant sur la colonisation. Il correspond aussi à une actualité avec les 50 ans des accords d'Evian et donc de la fin de la guerre d'Algérie.
Le principal piège vient des limites chronologiques du sujet. Il ne faut pas dépasser la borne des années 1960 : il est donc inutile de développer les conséquences de la décolonisation (le Tiers-Monde et ses difficultés). Ce n'est donc qu'une partie du chapitre sur la décolonisation, traité à l'intérieur du thème "Colonisation et indépendance", qui doit être mobilisée. En revanche, ce qui avait été vu lors du bac blanc du mois d'avril (l'étude d'ensemble documentaire) pouvait être utilisé.

La problématique et le plan


Le sujet vise à développer les modalités selon lesquelles les peuples colonisés ont acquis leur indépendance : le singulier de décolonisation est trompeur, il faut insister sur la diversité des décolonisations. La logique veut que l'on suive un fil chronologique pour étudier les prémisses, les premières décolonisations (asiatiques), puis les décolonisations suivantes. Le sujet n'évoque ni les conséquences ni les tentatives d'organisation des pays décolonisés, il n'est donc pas attendu un développement sur le Tiers-Monde. On peut alors réutiliser le plan du cours sans la troisième partie.

Dans un premier temps, il faut insister sur le contexte de la fin de la Seconde Guerre mondiale qui est favorable à ces indépendances (émancipation des peuples asiatiques dès la guerre, position anticolonialiste des deux Grands, principes de l'ONU, participation des troupes coloniales à la guerre...). Il n'est alors pas étonnant que les premières tentatives d'indépendance voient le jour en 1945 (Inde, Indonésie, Viêt-Nam, Algérie)
Mais la première vague de décolonisation touche d'abord l'Asie pour plusieurs raisons (éloignement de la métropole, statut de protectorat qui met en avant des élites locales, ancienneté des mouvements nationalistes...). Mais, elle prend des formes différentes selon la réponse apportée par la puissance coloniale : négociation pour les colonies britanniques, répression et guerre coloniale pour les colonies françaises et néerlandaises. Dans le cas de la négociation, la violence peut être également présente (Inde).
La seconde vague concerne l'Afrique, continent pour lequel on retrouve les deux formes de décolonisation même si la guerre concerne exclusivement l'Algérie. Les autres colonies africaines de la France obtiennent leur indépendance par la négociation. Il convient alors d'expliquer la particularité de l'Algérie pour la France (colonie de peuplement, colonie découpée en départements français...).
En conclusion, on peut noter qu'à la fin des années 1960, la plupart des colonies ont acquis leur indépendance, ces colonies ont ensuite tenté de se regrouper à l'intérieur d'organisations communes. C'est ce que l'on a nommé le Tiers-Monde.

Sujet 2 - Composition (L-ES-S)

Le sujet : La Ve République : institutions et vie politique

Un sujet très classique qui est en écho avec l'actualité de l'année 2012 avec les élections présidentielles et les élections législatives. Cela correspond au chapitre 2 sur l'évolution politique à l'intérieur du thème 3 sur la France de 1945 à nos jours (L-ES). Le sujet était très proche de celui traité dans l'étude d'ensemble documentaire donnée le 23 mai dernier. Pour les S, il s'agit du chapitre sur le nouveau système républicain du thème 3 sur la France de la Ve République.
Le risque est de vouloir trop dire et d'accumuler les exemples. Il ne faut pas perdre de vue la problématique et donc insister entre les institutions et la pratique de ces institutions par les différents gouvernements.

La problématique et le plan :


Il s'agit de présenter le fonctionnement des institutions de la Ve République et la manière dont elles ont fonctionné de 1958 à nos jours. Le plan qui apparaît comme le plus logique est alors un plan chronologique (le plan du cours convient parfaitement).
Dans un premier, il faut rappeler le contexte de la création de la Ve République (crise de la IVe République, guerre d'Algérie, crise du 13 mai 1958, appel à de Gaulle pour gouverner...) et décrire le nouvel équilibre des pouvoirs qui résulte de la Constitution (pouvoir exécutif renforcé avec une Assemblée Nationale qui garde tout de même un droit de contrôle sur le gouvernement).
Ensuite, il faudrait insister sur la stabilité des institutions et de la vie politique avec une domination des forces gaullistes de 1958 à 1981. Il n'est pas nécessaire de décrire en longueur l'action de chaque président pour insister davantage sur la continuité d'action de Charles de Gaulle à Valéry Giscard d'Estaing. On doit rappeler que l'élection du président au suffrage universel (changement dans la Constitution en 1962) renforce son autorité et assure un lien direct entre le peuple et le chef d'Etat.
Enfin, dans une troisième partie, il conviendrait d'insister sur les mutations de la vie politique et de la pratique des institutions depuis 1981. La première d'entre elles est l'alternance avec l'arrivée de la gauche au pouvoir. On montre ensuite ce qui change dans les priorités du gouvernement. Deuxième mutation, la cohabitation fait son apparition dans la vie politique en 1986 lorsque la gauche perd les élections législatives et que François Mitterrand se trouve contraint de nommer Jacques Chirac comme Premier Ministre. C'est pour mettre fin à cette cohabitation, qu'il est décidé de réduire le mandat du président à 5 ans et de faire suivre l'élection présidentielle de l'élection législative (réforme constitutionnelle de 2000). Paradoxalement, cela renforce le pouvoir du président, on a même pu parler d' "hyperprésidence" sous le mandat de Nicolas Sarkozy. En fait, la cohabitation est un signe d'une plus grande méfiance entre le peuple et les responsables politiques, méfiance et distance qui peuvent s'exprimer également par l'abstention ou par le vote protestataire (ex. 21 avril 2002).

Sujet 3 - Étude d'un ensemble documentaire


Le sujet : Vers un nouvel ordre mondial : espoirs et réalités


Ce sujet correspond au dernier chapitre du thème 1 sur le Monde de 1945 à nos jours et c'est un sujet difficile : difficulté de ce type d'exercice qui nécessite de faire le lien entre les documents et le cours, mais  difficulté aussi de certaines documents (doc. 1 et 2) qui demandaient de connaître le sens d'expressions comme "économie mixte", "pétro-monarchies", "jihad"... Cependant les questions de la première partie consistaient, pour l'essentiel, à relever les informations des documents, encore convenait-il de bien comprendre les documents en question.

La première partie :

  1. Le texte de John Kenneth Galbraith est structuré en trois parties qui constituent trois enjeux différents du nouvel ordre mondial : la sortie du modèle communiste pour les anciennes démocraties populaires, un rôle plus actif joué par l'ONU (avec en particulier un droit d'ingérence) et une meilleure répartition de la richesse.
  2. On attend que le candidat relève des menaces qui contredisent les espoirs de John Kenneth Galbraith. La première menace se trouve justement dans le texte de ce dernier quand il évoque les massacres à l'intérieur des pays. Mais au-delà des guerres civiles, ce qui menace la paix dans le monde, et donc ce nouvel ordre mondial souhaité, est l'apparition d'une menace terroriste internationale portée par la nébuleuse Al-Qaïda (doc. 2). En réaction à cette menace, les États-Unis se représentent le monde comme un terrain d'affrontement entre puissances du Mal et puissances du Bien (doc. 3). La logique de la solidarité a donc été remplacée par celle de l'affrontement.
  3. Il convient de bien décrire l'image ou plutôt les images. Celle du haut représente un Américain désemparé par l'organisation complexe du monde tandis que celle du bas, le montre rassuré, le monde se résumant désormais à une opposition entre le Bien et le Mal. Ce qui est dénoncé ici est donc une vision manichéenne du monde, c'est la vision que portait le président George Bush quand il évoquait l'Axe du Mal des pays soutenant le terrorisme.
  4. Pas de difficultés pour cette dernière question : il s'agit juste de montrer que les défis signalés dans le doc. 1 n'ont pas été relevés : permanence des guerres et accroissement des inégalités.

La réponse organisée :

Le sujet et les questions de la première partie conduisent à envisager trois parties distinctes :

  1. Il convient de présenter le rêve de nouvel ordre mondial qui fait suite à la disparition de l'URSS. On rappelle rapidement le contexte, pour reprendre les 3 enjeux relevés par John Kenneth Galbraith et les premières réalisations faites : intégration d'anciens pays communistes dans l'UE (2004), accords de paix sous l'égide des États-Unis (Camp David, Dayton), interventions pour défendre le droit d'ingérence (ex. Kosovo).
  2. Le début des années 2000 marque une rupture avec les attentats du 11 septembre 2001 et l'essor des mouvances terroristes islamistes. Les puissance occidentales sont alors obnubilées par cette menace terroriste, d'où une vision manichéenne du monde (Axe du Mal)
  3. La réalité du nouvel ordre mondial est alors marquée par des conflictualités qui n'ont guère baissé d'intensité (ex. du génocide au Rwanda). Les E-U se sont également lancés, avec ses alliés, dans des interventions militaires longues, coûteuses et peu efficaces (Afghanistan, Irak). Finalement, la négociation internationale (le multilatéralisme) est en panne : manque de volonté politique pour réduire la pauvreté ou aider les pays en difficulté économique, accord introuvable sur la diminution des gaz à effet de serre.

Il était cependant possible de reprendre un plan en deux parties sur le modèle du cours.

Les croquis en géographie

Sujet 1 (L-ES) : Un espace en recomposition : la Russie

croquis_russie.jpg

Sujet 1 (S) : L'espace méditerranéen : une interface Nord-Sud

Croquis_Mediterranee.jpg

Sujet 2 : Centres d'impulsion et inégalités de développement dans le monde

Ce croquis présentait davantage de difficultés : il fallait faire le lien entre le croquis sur la mondialisation (centres d'impulsion) et celui sur l'inégale intégration dans la mondialisation (inégalités de développement). Il ne s'agissait pas de recopier (bêtement) un croquis vu en classe : la légende doit faire le lien avec le sujet. Voici ce que cela pouvait donner :

croquis_centres_d_impulsion_et_inegalite_de_developpement.jpg

lundi, novembre 14 2011

Le conflit israélo-palestinien depuis 1947

Correction du travail fait à la maison (voir la fiche)

is6788.gif

ischrono.gif

1. 1948 : La naissance d'Israël

Les raisons  :

  • De nombreux Juifs considèrent depuis le XIXe s. qu'ils doivent revenir en Palestine quittée au Ier s.

  • Génocide juif en Europe a montré la nécessité de donner un État aux Juifs pour éviter de nouvelles persécutions

Les conséquences :

  • L'ONU décide en 1947 alors de partager la colonie britannique de la Palestine entre Juifs et Arabes ce que refusent les Arabes.

  • État d'Israël créé le 14/05/1948 et vite reconnu par les grands pays.

  • États arabes voisins contestent et attaquent Israël : victoire d'Israël qui annexe un certain nombre de territoires arabes. Les Arabes de Palestine (Palestiniens) doivent alors fuir pour gagner la Cisjordanie contrôlée par la Transjordanie ou Gaza contrôlée par l'Egypte.

2. Des affrontements réguliers entre pays arabes et Israël (1956-73)

Les raisons :

Les États arabes dirigés par des nationalistes veulent faire l'union des Arabes et pour cela, ils veulent défendre les Palestiniens

La crise de Suez :

Israël participe en 1956 à une guerre contre l'Egypte avec la France et la Grande-Bretagne car l'Egypte a nationalisé le canal de Suez. Victoire militaire d'Israël et des Européens mais les Etats-Unis et l'URSS obligent au retrait : victoire politique de l'Egypte.


La Guerre des 6 jours :

  • Israël déclenche une nouvelle guerre en 1967 : victoire très rapide d'Israël.

  • Annexion d'une partie de l'Egypte (Sinaï), de la Cisjordanie et du plateau de Golan (Syrie).

La Guerre du Kippour :

  • 1973 : les États arabes lancent une attaque surprise sur Israël le jour de la fête religieuse du Kippour

  • Israël parvient à repousser les attaques mais un cessez-le-feu est imposé par les deux Grands

Les conséquences :

  • Un début d'organisation des Arabes palestiniens

En 1964, l'Organisation de libération de la Palestine est créée : elle considère la création d'Israël comme illégale. L'OLP se lance dans la lutte armée pour parvenir à chasser les Israéliens. Ayant peu de moyens, elle a recours au terrorisme (ex. prise d'otages aux JO. De Munich en 1972)

  • le rôle des deux Grands dans ces conflits

Les deux Grands soutiennent dès le départ la création d'Israël. Puis ils ont joué un rôle de modération en faisant pression en 1956 pour obtenir un retrait des troupes israéliennes et européennes et de nouveau en 1973 pour qu'un cessez-le-feu soit signé.

Mais, progressivement, chacun des deux Grands soutient plutôt un camp : les Etats-Unis deviennent rapidement l'allié le plus fidèle d'Israël (ex. livraison d'armes à Israël en 1973) et l'URSS devient un soutien des pays arabes (ex. URSS assure un pont aérien entre Syrie et Egypte et livre des armes en 1973).

  • Les conséquences économiques de la guerre du Kippour (1973)

Les pays arabes majoritaires au sein de l'OPEP (organisation des pays exportateurs de pétrole) décident d'utiliser l'arme économique comme moyen de pression : ils réduisent les exportations jusqu'à la libération des territoires occupés et décident un embargo sur les Alliés d'Israël. Le prix du pétrole est alors multiplié par 4, c'est le point de départ d'une crise industrielle profonde dans les pays industrialisés.


3. À la recherche d'une paix introuvable (1973-2000)

La paix entre Israël et l'Egypte :

  • Aspect

En 1978, les accords de Camp David sont signés : l'Egypte reconaît l'existence et devient un allié d'Israël. En échange, Israël évacue le Sinaï.

  • les raisons

Pour le chef égyptien, Sadate, les droits du peuple palestinien seraient en effet désormais reconnus, il n'est alors plus nécessaire de mener à une guerre sans fin à Israël. Le manque à gagner lié à l'impossibilité de faire fonctionner le canal de Suez tant que le Sinaï est occupé a pu également jouer.

La réaction palestinienne

  • La position de l'OLP

L'OLP continue de refuser de reconnaître le droit des Juifs à fonder un État et a recours à la guérilla et au terrorisme.


  • Une nouvelle forme d'affrontement : l'Intifada

Aspect :

  C'est une « guerre des pierres » qui oppose des jeunes Palestiniens à l'armée israélienne à partir de 1987

Raisons:

La révolte est perçue comme un moyen d'obtenir un soutien à travers le monde. Elle correspond aussi à une réaction envers une situation bloquée. Mais elle porte également contre la construction de colonies israéliennes à l'intérieur des territoires occupées peuplés de Palestiniens.


Les négociations israélo-palestiniennes

  • Les accords d'Oslo entre Israël et Palestine en 1993 prévoient la création d'une Autorité palestinienne pour administrer les territoires occupés (autonomie accordée à certains territoires en Cisjordanie et Gaza)

  • Les Palestiniens reconnaissent en échange l'existence de l'État d'Israël.

  • Mais les  négociations de paix sont interrompues après l'assassinat du premier ministre israélien.

La reprise des tensions en 2000

Raisons :

  • échec de nouvelles négociations de paix

  • provocation du ministre israélien Ariel Sharon à l'égard des Palestiniens

Forme prise :

  • Nouvelle Intifada

Bilan : Quel État s'est fortement impliqué dans cette recherche de paix ? De quelles manières ?
  • Les Etats-Unis se sont fortement impliqués en organisant des négociations, en faisant pression sur les deux acteurs. Mais l'échec des accords de paix marque l'échec des Etats-Unis : Barack Obama n'a par exemple pas réussi à contraindre Israël à négocier.


jeudi, novembre 10 2011

Un "autre monde" est-il possible ?

Après le travail de recherche sur la contestation de la mondialisation, voici 3 billets différents qui peuvent faire office de correction :

répression des manifestations altermondialistes à Seattle en 1999 (photographie de djbones)

A. La naissance de la contestation

billet de O. Akouh sur le site Vinci le citoyen

B. Ce qui est contesté

billet de S. Bachy sur le site Vinci le citoyen

C. Les résultats

billet de S. Chergui sur le site Vinci le citoyen

vendredi, juin 17 2011

Commentaires sur l'épreuve d'histoire-géo, bac S 2011

Des sujets très classiques cette année, pas de véritables pièges. Avec une bonne connaissance du cours, il y avait moyen de rendre une bonne copie.

Histoire en sujet majeur

Sujet 1 - Composition : Economie, société et culture en France, depuis la fin des années 1950

Un sujet très classique puisqu'il correspond à l'intitulé du chapitre. Le plan ne pose pas de problème, le plan du cours, de type thématique, convient. Il ne fallait pas oublier de problématiser et d'annoncer un plan aux titres précis (il ne faut pas se contenter de dire "dans une première partie, nous verrons les évolutions économiques, puis dans une seconde les transformations sociales et enfin les évolutions culturelles").

Sujet 2 - Composition : La colonisation européenne et le système colonial, du milieu du XIXe au milieu du XXe siècle

Là encore, un sujet classique qui correspond aux titres des chapitres. Sujet d'autant plus classique que vous l'aviez eu lors du devoir type bac, le 4 mai 2011.

La difficulté réside dans le fait que la question est plus vaste que pour le sujet 1. Il faut arriver à définir les principales caractéristiques de la colonisation, s'appuyer sur des exemples précis sans tout dire. Les idées peuvent alors s'organiser en un plan en 3 parties qui étudient:

  • la mise en place de cette colonisation européenne avec la formation des empires
  • le système colonial dans ses aspects politiques et économiques, voire culturels (l'imaginaire colonial)
  • ne pas oublier non plus de traiter des résistances à la colonisation

Sujet 3 - Etude d'un ensemble documentaire : Comment se termine la guerre froide ?

C'est le sujet qui, comme d'habitude, a été le plus souvent choisi et qui était pourtant le plus difficile pour plusieurs raisons :

  • tout d'abord c'est une étude d'ensemble documentaire et comme dans toute étude de ce type, il faut trouver le subtil équilibre entre connaissances du cours et informations issues des documents
  • les questions nécessitaient des connaissances précises sur la période
  • les textes n'étaient pas toujours faciles à comprendre :  le document 3 avait été partiellement vu dans une étude d'ensemble documentaire (bac blanc de janvier 2011) et cela n'avait pas été une grande réussite. Quant au document 5, je ne suis pas sûr que tout le monde ait compris le sens de l'expression "le carcan du système administratif de commande", ni que tout le monde sache à quoi Gorbatchev fait référence quand il parle de "l'Etat multinational", "du nouvel Accord de l'Union", "opposition croissante des forces du passé moribond et réactionnaire"

Partie 1

Question 1 :

La question consistait à relever des informations mais on ne pouvait identifier ce qu'il fallait relever que si le cours sur la guerre froide était connu. Cette question était très proche de celle vous aviez eu au bac blanc de janvier 2011. Les caractéristiques ici visibles sont :

  • une guerre froide qui prend la forme d'un affrontement idéologique (doc. 3, l. 3) dans lequel deux modèles de société s'affrontent (doc. 3, l. 15-17)
  • cet affrontement idéologique nourrit une course aux armements (l. 10-11, doc. 5)
  • Cette course crée un risque d'affrontement nucléaire (l. 1-3, doc. 3) comme à Cuba.
Question 2 :

La question consistait ici à relever les informations mais aussi à expliquer les événements en question pour montrer qu'il s'agissait bien d'un tournant. L'apport de connaissances était ici encore essentiel. Ce qu'on appelle un tournant dans la guerre froide est en fait une rupture dans les relations entre les deux Grands.

Le document 2 est un extrait de l'accord de Washington signé par l'URSS et les Etats-Unis. C'est un tournant dans la guerre froide car, pour la première fois, les deux Grands s'engagent à détruire leurs missiles et (l. 5-6) et décident de mettre sur pied des inspections pour vérifier la réalité de ces destructions (l. 14-15). Jusqu'à présent, ils s'étaient seulement engagés à limiter l'armement, comme avec les accords SALT. Cela n'avait pas empêché la reprise de la course aux armement dans les années 1980 avec la guerre fraîche.

Le document 4 fait, quant à lui, référence à la Chute du Mur de Berlin, le 9 novembre 1989. Comme le dessine Plantu, c'est en effet la population de RDA qui est à l'origine de cet événement par ses manifestations. La destruction de la Chute du Mur est ici symbolisée par une pelleteuse. C'est un tournant car cet événement marquait la fin du Rideau de Fer, l'Europe de l'Est s'ouvrait désormais à l'Ouest : c'est donc la fin de la guerre froide.

Question 3 :

Le relevé d'informations demandé ici doit être organisé : on classe ces informations par catégories et non en fonction des documents.

  • Les raisons économiques. L'économie de l'URSS se trouve en effet en retard par rapport à celle des Etats-Unis alors qu'elle doit supporter des dépenses militaires équivalentes (doc. 1). Gorbatchev fait alors le constat que la guerre froide est un frein économique (l. 4-5, doc. 5). D'autre part, la société et l'économie soviétiques sont bloquées du fait de la centralisation et de la planification de l'économie (doc. 5, l. 3-4). Le système administratif de commande fait référence à cet Etat qui dirige intégralement l'économie.
  • Les raisons stratégiques. Gorbatchev a également fait le constat que la guerre nucléaire est insensée (doc. 3). Il est alors nécessaire selon lui de trouver un terrain d'entente et de reconnaître la liberté de chaque nation de choisir son modèle de société (doc. 3, l. 10-11). C'est la fin de l'ingérence de l'URSS dans les pays satellites d'Europe de l'Est.
Question 4 :

La question ne porte pas directement sur la nouvelle politique de Gorbatchev, ce n'est pas le moment ici de décrire la Perestroïka ou pire, de faire de la paraphrase. Il faut montrer comment cette politique a eu une influence sur les pays d'Europe de l'Est.

Dès 1987, Gorbatchev estime que l'URSS ne doit plus intervenir dans les pays de l'Est, chacun étant libre de choisir son modèle (doc. 3, l. 10-11). C'est ce qu'il rappelle en 1991 (doc. 5, l. 12-14). Les peuples sont désormais libres (doc. 5, l. 20-21).

Par conséquent, la population se soulève dans les pays d'Europe de l'Est comme en Pologne ou en RDA. Elle réclame cette liberté et obtient l'organisation d'élections libres. Et conformément à son discours de 1987, Gorbatchev décide de ne pas faire intervenir l'Armée Rouge. Cela est symbolisé par l'attitude des militaires russes dans le dessin de Plantu (doc. 4) : ils sont surpris sur leur mirador mais n'utilisent pas leur fusil.

Partie 2 :

L'énoncé et la connaissance du cours conduisaient à étudier 3 éléments pour répondre à la problématique "comment se termine la guerre froide ?" :

  • les changements majeurs en URSS qui ont ouvert la voie à la liberté
  • les raisons de ces changements
  • les conséquences de ces changements en Europe de l'Est et en URSS

Ce qui est attendu dans la réponse organisée :

  • En introduction, on pouvait rappeler le contexte de guerre fraîche des années 1980 et le tournant que constitue l'arrivée de Gorbatchev au pouvoir en URSS en 1985.
  • Dans la première partie, il faut expliquer ce qu'est la Perestroïka mais aussi évoquer les changements dans les relations avec les Etats-Unis (fin de la guerre en Afghanistan).
  • Dans la seconde partie, on pouvait évoquer les crises du modèle économique avec les pénuries que connait la population mais aussi la demande par la population d'une plus grande liberté et de plus de justice.
  • Dans une dernière partie, on pouvait parler du processus de sortie des Etats d'Europe de l'Est du communisme avec l'organisation d'élections libres, l'ouverture des frontières en 1989, puis la réunification de l'Allemagne en 1990. Il fallait finir par évoquer l'effondrement de l'URSS en 1991.

Géographie en sujet mineur :

Les croquis étaient classiques, ils reprenaient l'intitulé de ceux faits en classe.

Les règles cartographiques devaient être respectées : nomenclature, lisibilité de l'ensemble, cohérence légende / croquis, organisation de la légende, choix des couleurs.

Il ne fallait pas être surpris par le nombre très limité de points pour la mégalopole japonaise. On pouvait toujours rajouter des points pour localiser d'autres villes. De toutes les manières les 3 aires urbaines essentielles étaient localisées.

 

mardi, mai 31 2011

Les défis d'une ville du Sud : Le Caire

Voici la correction de l'étude de cas sur Le Caire :

Le Caire est une des principales villes d'Afrique. La ville comprend 8,5 millions d'habitants et l'agglomération 16,5 millions d'habitants (taille un peu supérieure à Londres).

Le Caire est située dans un pays en développement d'Afrique du Nord, l'Egypte. Elle connaît donc les problèmes des villes du Sud.

I. Le constat : une croissance incontrôlée de la ville

Noter la forme et l'amplitude de la croissance urbaine à l'aide des documents 1 et 4. Quels en en sont les dangers ?

A. Une explosion urbaine

La population du Caire a fortement augmenté au cours du XXe siècle : elle a été multipliée par 10. cette population en croissance très rapide a dû trouver de nouveaux terrains à occuper pour se loger : la superficie de la ville a donc également augmenté mais plus tardivement que la population. Elle a été multipliée par 6 en 50 ans. Cette croissance très rapide de la population est appelée un explosion urbaine.

B. L'étalement urbain du Caire

On peut distinguer deux types d'étalement urbain au Caire.

  • Tout d'abord une extension incontrôlée sur les pourtours de l'agglomération. Les nouvelles populations viennent occuper les espaces qui ne sont pas encore bâtis et particulièrement les terres cultivées du delta du Nil. Cela met alors en danger les capacités de l'agglomération de nourrir sa population. L'autosuffisance alimentaire n'est pas possible.

  • Une autre extension est au contraire dirigée par l'Etat. Elle passe par la construction de villes nouvelles à quelques kilomètres de l'agglomération dans le désert afin d'éviter cette destruction des terres cultivables.

  • La croissance de la ville du Caire a été beaucoup plus rapide et moins contrôlée que dans une ville du Nord comme Londres. Cette croissance peut d'ailleurs compromettre l'avenir de l'agriculture locale.

II. Les conséquences : les efforts pour encadrer cette croissance

Comment les pouvoirs publics ont-ils tenté d'encadrer l'étalement urbain du Caire ? Avec quels résultats ? (doc. 2 et 16 + texte)

A. Créer des villes-nouvelles

Les villes nouvelles créées dans le désert prennent la forme de villes modernes avec des immeubles et d'axes biens équipés. Mais ces villes sont mal reliées à la ville et sont insuffisantes pour répondre à l'explosion urbaine.

B. Assurer les déplacements à travers l'agglomération

La politique de transport prend vraiment de l'ampleur à partir des années 1980. L'objectif est alors de faciliter les circulation automobile : une grande rocade autoroutière est construite qui a pour but de faire le tour de l'agglomération. C'est aussi à cette époque que sont engagés les travaux pour la réalisation d'un métro. De nouveaux projets sont élaborés pour les années à venir : développement du transport fluvial, création d'un nouveau réseau de tramway.

Mais pour l'instant, ces efforts paraissent insuffisants : l'automobile reste le moyen de locomotion essentiel de la population entraînant de très nombreux embouteillages qui ralentissent les circulations.

  • Les efforts du Caire en matière de transport sont plus tardifs et moins complets qu'à Londres. Les moyens financiers ne sont pas les mêmes alors que l'augmentation de la population y est beaucoup plus rapide.

III. L'avenir : les nombreux défis que doit relever Le Caire

Identifiez les défis que doit relever Le Caire et les premières réponses apportées (doc. 12 à 14 + publicité)

A. Des défis sociaux et environnementaux

Le principal problème de la ville du Caire est lié à la concentration de la pauvreté dans le vieux centre et la multiplication des bidonvilles autour de la ville. Dans ces quartiers pauvres, les services d'assainissement de l'eau et de ramassage des ordures sont rarement présents d'où des graves problèmes de pollution et de maladies. Ces eaux sales viennent même polluer le Nil et les cultures qui bordent le fleuve.

La principale tâche est donc de raccorder tous les nouveaux quartiers au réseau d'assainissement.

B. Des réponses très différentes

Des progrès ont déjà été réalisés avec l'agrandissement de la station d'épuration de Gabal El Asfar qui permet de traiter 50% d'eaux sales en plus. L'État ne peut seul financer ces réseaux : il s'appuie sur une société privée et reçoit pour cela l'aide internationale.

Face aux problèmes de pollution et de saturation, des solutions sont proposées aux plus riches. Des quartiers fermés composés de luxueuses villas et de nombreux espaces verts offrent un cadre de vie agréable à l'écart de la ville. Ce sont en fait des villes privées avec leur propre police et réseau d'assainissement assurés par des entreprises privées.

Ccl : Le Caire est exemplaire des défis qui se posent à une ville du Sud.

  1. Le premier de ces défis vient de l'explosion urbaine difficilement contrôlable mais qui détruit des espaces vitaux pour la ville

  2. Les pouvoirs publics font des efforts d'aménagement mais leur réponse est insuffisante, essentiellement par manque de moyens financiers.

  3. Des progrès peuvent être réalisés avec l'aide internationale. Mais Le Caire court aussi le risque d'une très forte ségrégation sociale avec des bidonvilles qui côtoient des gated-communities.

Et voici le croquis :

Cliquer sur l'image pour voir le schéma en format OpenOffice.

mardi, mai 10 2011

Les défis d'une ville du Nord : Londres

L'étude de cas sur Londres a été l'occasion de travailler sur la méthode d'analyse de documents.

En synthèse, nous avons réalisé un schéma (voir la méthode). 

Voici ci-dessous, une correction des paragraphes qu'il fallait rédiger. Cliquer sur l'image pour voir une correction du schéma (s'ouvre avec OpenOffice)

Londres est une ville du Nord, capitale du Royaume-Uni. Elle réunit une population de 9 millions d'habitants dans son agglomération.

On distingue :

  • la ville de Londres qui est le centre de l'agglomération avec 2,8 millions d'habitants est dirigée par un maire

  • le Grand Londres qui une des 9 régions anglaises qui regroupe les principales villes de l'agglomération de Londres, soit près de 9 millions d'habitants.

  • L'aire métropolitaine dont les limites sont vagues et qui regroupe toutes les villes sous la dépendance de Londres : elle regrouperait 18 millions d'habitants.

I. Le constat : ségrégation et étalement urbain

A. L'étalement urbain de Londres

La ville de Londres s'est constituée sur les bords de la Tamise. La ville s'est étalée progressivement pour atteindre les limites de la ville centre à la fin du XIXe siècle. Mais c'est au XXe siècle que cet étalement fut spectaculaire avec la constitution de banlieues (p. 174) accueillant une population ayant des difficultés pour se loger en ville.

À partir des années 60, la ville et sa banlieues sont moins attractives : elles perdent de la population au profit des espaces plus éloignés de l'aire métropolitaine voire le Grand Sud-Est de l'Angleterre. La population va se loger de plus en plus loin afin de trouver un logement à moindre coût : ce phénomène est qualifié d'étalement urbain. Mais à partir des années 1990, la ville et la banlieue redeviennent attractives et gagnent de nouveaux des habitants.

B. Un espace marqué par les ségrégations

Contrairement à Paris, les populations pauvres sont concentrées dans la ville centre dans des quartiers précis formant la moitié de cette ville centre. Ces quartiers pauvres sont ceux qui accueillent des populations étrangère ne se mélangeant pas au reste de la population. Finalement les communautés vivent entre elles, avec peu de relations avec le reste de la population dans des situations précaires. A la ségrégation sociale, s'ajoute donc une ségrégation ethnique.

Londres a connu au XXe siècle un étalement urbain qui a conduit sa population à habiter de plus en plus loin alors que son centre restait occupé par les populations les plus pauvres. Ces mouvements de populations ont donc favorisé une ségrégation spatiale.

II. Les conséquences : les efforts d'aménagement en matière de transport

A. Un réseau de transports en extension

Parce que la population vit de plus en plus loin du centre, le réseau de transport a dû être étendu et densifié pour répondre aux besoins de la population. Ainsi, le Grand Londres est au centre d'un maillage (découpage de l'espace qui en permet l'appropriation) d'autoroutes et de lignes ferroviaires qui relient l'agglomération aux autres grandes villes du pays. L'agglomération est également en relation avec les autres grandes villes mondiales par l'intermédiaire d'aéroports internationaux implantés dans le Grand Londres.

Afin de limiter les pollutions, les efforts récents portent plus particulièrement sur les transports en commun qui permettent des circulations plus rapides par le biais du train ou du métro automatique.

B. Les limites du réseau de transport

L'inconvénient de ces transports en commun c'est qu'ils ne relient que les principales villes entre elles. Le reste de l'agglomération est alors essentiellement desservi par l'automobile. Les axes sont alors congestionnés en direction de Londres.

La seule solution trouvée pour améliorer les circulations est de diminuer le trafic automobile en instaurant un péage à l'entrée dans Londres. Effectivement les temps de parcours ont été réduits car un certain nombre d'habitants ont préféré utiliser les transports en commun comme les bus. L'exemple de ce péage apparaît donc comme efficace.

Pour répondre à l'étalement urbain, les autorités ont dû faire un gros effort pour développer les transports et plus particulièrement les transports en commun qui respectent davantage le pilier environnemental du développement durable.

III. L'avenir : les efforts entrepris dans le développement durable

A. Des projets de ville durable

La ville de Londres est exemplaire dans le développement durable pour au moins deux quartiers. Un des premiers éco-quartiers construit l'a été dans dans le sud du Grand Londres : il s'agit de BedZED. Il visait tout d'abord à répondre au pilier environnemental en produisant l'énergie que consommerait ce quartier. Les efforts ont particulièrement porté sur le chauffage : les appartements sont exposés au soleil avec l'utilisation de panneaux solaires mais aussi une petite centrale électrique dont la chaleur est réutilisée. Cela passe également par des économies d'énergie et d'eau. Par exemple, le quartier a interdit l'utilisation de l'automobile. Enfin, le pilier social n'est pas oublié : 50 % des constructions sont des logements sociaux

Plus récemment, pour les JO de 2012, Londres a commencé la construction d'un éco-quartier à Stratford, dans la ville centre. Tout d'abord, cela correspond à une politique sociale : redynamiser un quartier en crise, favoriser le développement de l'Est de la ville. Cet éco-quartier fait une grande place aux espaces verts avec une circulation des voitures interdite.

B. Les limites de ces constructions

L'éco-quartier de BedZed s'est révélé plus cher que prévu, son fonctionnement est aussi trop complexe pour la population et les bureaux qui y étaient prévus ne se sont pas installés : du coup, la population doit se déplacer pour aller travailler. Au niveau social, les populations plus pauvres ne se mélangent pas vraiment avec les autres habitants. Même le pilier environnemental est parfois remis en cause : la voiture apparaît par exemple nécessaire pour vivre dans un quartier éloigné de la ville centre.

Les mêmes problèmes risquent de se poser à Stratford où la voiture paraît également indispensable. Certains craignent également qu'une nouvelle population riche séduite par le projet vienne chasser les populations plus modestes habitant le quartier.

Ccls :

Londres est exemplaire des défis qui se posent à une ville du Nord.

  1. Le premier de ces défis vient de l'étalement et de la ségrégation que continue de connaître l'aire métropolitaine.

  2. Pour faire face à cette croissance rapide, les pouvoirs public ont porté leurs efforts sur les transports mais en laissant de côtés les problèmes sociaux créés.

  3. Aujourd'hui, l'attention est davantage tournée vers les questions environnementales avec la création d'éco-quartiers qui semblent renforcer la ségrégation sociale.

vendredi, mars 25 2011

Une Eglise qui se réforme : l'exemple de Bernard de Clairvaux

Le parcours de Bernard de Clairvaux révèle l'ampleur des débats à l'intérieur de l'Eglise au XI et XIIe siècles. 

Le travail consistait à faire une synthèse en 3 points sur la réforme qu'il a menée dans les monastères afin de redynamiser le christianisme (voir l'énoncé).

Une vie de réformateur

Bernard de Clairvaux (1090-1153) est considéré comme un réformateur car il propose de nouvelles règles aux moines fondées sur la simplicité et la pauvreté. Il diffuse ensuite ces idées en fondant des abbayes sur le modèle de Cîteaux (abbayes cisterciennes) à travers l'Europe.

Un homme de son temps

C'est un personnage qui prend position sur les grandes questions concernant l'Eglise de son époque. Il encourage l'expansion de la religion menée par les moines soldats et donc les croisades au Proche-Orient. Pour lui, la guerre contre les hérétiques est une manière de lutter contre le mal et les croisés sont comparables à des moines car les croisés luttent avec leur épée et les moines grâce à la force de leur esprit contre ce mal.

Une critiques des abbayes clunisiennes

Bernard de Clairvaux reproche aux Clunisiens de ne pas faire de travaux manuels et de consacrer tout leur temps à la lecture. Ils ont également trop de liberté, en particulier la liberté de discuter, ce qui explique que les disputes sont nombreuses dans ces abbayes clunisiennes. Bernard de Clairvaux reproche également aux abbayes clunisiennes d'avoir une décoration trop riche, faite de monstres, et qui détourne l'attention. Il propose à la place des bâtiments sobres et une règle de vie caractérisée par la pauvreté, l'obéissance et le travail manuel. Ses idées auront un grand succès et seront soutenues par les papes et les rois.


L'exemple de Bernard de Clairvaux nous montre que la religion continue d'évoluer, des siècles après la mort de Jésus-Christ. Ces renouvellements permettent de mieux répondre aux attentes de l'époque.

Source de l'image :
Vitrail représentant Bernard de Clairvaux, vers 1450, conservé au Musée du Moyen-Âge de Cluny à Paris (source Wikimedia)

mardi, mars 15 2011

 La colonisation et le système colonial français entre le milieu du XIXe siècle et la fin des années 1930 : quelles caractéristiques ?

C'est sous ce titre qu'avait été posé une étude d'ensemble documentaire au bac S en 2008.

L'énoncé des questions invitait à s'intéresser aux aspects politiques et économiques du système colonial et aux contestations de ce système. Il ne fallait pas détacher l'étude du système colonial de la colonisation. Ce sont deux choses qui sont étroitement liées.

Il fallait en outre faire attention aux limites du sujet : on ne doit parler que de l'empire colonial français. L'introduction permettait de rappeler cette limite géographique.

Introduction :

À la veille de la Seconde Guerre mondiale, la France possède le deuxième empire colonial au monde, étendu sur plus de 10 millions de km². Cet empire est alors une fierté. Mais les Français connaissent alors peu le système colonial, c'est à dire l'organisation politique, économique et sociale imposée par la métropole pour mettre en valeur et exploiter les terres dominées.
Quelles sont alors les caractéristiques de cet empire ?
Nous rappellerons que cet empire a été constitué pour l'essentiel entre le milieu du XIXe et les années 30 et est administré sous des formes diverses. Ce contrôle permet une exploitation économique au profit de la métropole. C'est la dureté de cette domination qui fait naître des contestations de plus en plus nombreuses au XXe s.

I. Un empire de construction récente

A. L'essor de la colonisation à partir des années 1880

  • Projet de restaurer la puissance de la France après la défaite contre l'Allemagne en 1870
  • Grandes expéditions lancées en Afrique et en Indochine (rôle de Jules Ferry).
  • La constitution d'un empire : expédition Marchand, création de l'AOF et de l'AEF. Présence française sur tous les continents (doc. 1)

B. Administrer l'empire

  • Administration qui prend des formes différentes en fonction des territoires (doc. 1)
  • La France privilégie la forme d'assimilation vis-à-vis des colonies (doc. 4) sur l'association.
  • Mais cette politique rencontre des résistance auprès de la population coloniale (doc. 4)

II. Un système économique qui repose sur la logique de la prédation

A. Les échanges inégaux entre métropole et colonies

  • Essor des échanges entre métropole et colonies à mesure que la colonisation s'étend (doc. 2)
  • Les colonies envoient les matières premières et les produits agricoles en métropole (doc.2).
  • La France exporte ses produits manufacturés dans les colonies = biens à plus haute valeur ajoutée (doc. 2)

B. Le recours au travail forcé comme forme d'exploitation

  • Population coloniale perçue comme inférieure : usage du travail forcé jusqu'en 1946
  • ex. de la construction de la ligne de chemin de fer Congo-Océan

III. Un système qui fait naître les contestations

A. Des contestations en France

  • Contestations anciennes : ex. Clemenceau
  • Contestations portées par le parti communiste par anticapitalisme (doc. 3)

B. Les révoltes à la colonisation

  • La colonisation se fait sous forme de lutte armée : ex. colonisation de l'Indochine
  • Les colonies sont régulièrement secouées par des révoltes plus ou moins organisées : ex. de la guerre du Rif au Maroc (1924-26)

C. Une organisation des populations colonisées

  • Éveil du sentiment national à la fin du XIXe sous l'influence des idées occidentales, du communisme ou de la religion
  • Ex. des mouvements initiés par les notables en Afrique du Nord.

Conclusion :

Suite aux conquêtes coloniales françaises de la deuxième moitié du XIXe s., la France s'est constituée un vaste empire qu'elle souhaite administrer, le plus souvent, de manière directe. Cela passe également par une exploitation rigoureuse des richesses des terres colonisées et de la main d'oeuvre locale au détriment du développement. Cette exploitation fait alors naître des contestation qui commencent à se structurer.
L'empire colonial français dans les années 1930 porte déjà en lui les éléments qui vont amener à sa rapide destruction après la Seconde Guerre mondiale.

- page 1 de 2