L'Histoire Géo au lycée Vinci

mardi, juin 19 2012

Commentaires sur les sujets du bac 2012 en terminale (L-ES-S)

De nouveau cette année, le sujet de majeur porte sur l'histoire avec des intitulés assez classiques.

Sujet 1 - Composition (L-ES)

Le sujet : L'Europe dans la guerre froide (1947-1989)

Un beau sujet (c'est-à-dire, un sujet pas évident) qui nécessite de faire le lien entre plusieurs chapitres du cours. Le contexte de la guerre froide a été vu dans le chapitre 3 du thème 1  ("les grands modèles idéologiques et la confrontation Est-Ouest jusqu'aux années 1970"). Mais l'Europe a été traitée plus spécifiquement dans le thème 2 (L'Europe de 1945 à  nos jours) avec les chapitres sur les démocraties populaires et celui sur l'Europe de l'Ouest en construction. La difficulté est donc d'organiser des idées venant de 3 chapitres différents.

Attention, il ne s'agit pas de traiter de la guerre froide dans son ensemble : les États-Unis et l'URSS ne doivent apparaître qu'en arrière-plan !

Le cadre chronologique est précis : on commence en 1947 avec le début de la guerre froide et la formation des blocs. On s'arrête en 1989 avec la chute des régimes communistes en Europe de l'Est.

Le plan et la problématique

La problématique vise à montrer que la guerre froide marque l'histoire de l'Europe (et ici, la coupe en deux) de 1947 à 1989. Pour y répondre, un plan chronologique apparaît le plus adapté, en s'appuyant sur les grandes périodes de la guerre froide.

Il convient d'étudier dans un premier temps la coupure en deux de l'Europe avec la formation des blocs qui fait suite aux doctrines Truman et Jdanov. Cette coupure est marquée par des tensions dont Berlin est le théâtre privilégié (blocus de Berlin en 1948-49, puis construction du Mur en 1961). Des deux côtés du "Rideau de fer", les États s'organisent de manière opposée : projet de construction européenne à l'Ouest (CECA en 1951, CEE en 1957), établissement de démocraties populaires sur le modèle stalinien à l'Est.

Après la mort de Staline et surtout à partir de la Détente (1962), les tensions deviennent moins fortes entre les deux moitiés d'Europe (Ostpolitik, conférence d'Helsinki). Cela se traduit à l'Est par des tentatives pour s'affranchir du modèle soviétique, tentatives violemment réprimées (ex. Printemps de Prague en 1968). Les tensions reprennent cependant avec la guerre fraîche (à partir de 1979) et l'implantation de missiles américains pour riposter aux missiles soviétiques (crise des euromissiles).

C'est avec l'arrivée au pouvoir de Gorbatchev en URSS (1985) que les dissensions à l'Est reprennent de la vigueur et gagnent en audience (ex. syndicat Solidarnosc en Pologne). Cette lutte politique qui s'appuie sur le mécontentement lié aux difficultés économiques conduit à la chute des régimes communistes en 1989 selon des formes différentes en fonction des États.

En conclusion, on peut noter que la fin de la guerre froide signifie la fin de la coupure en deux de l'Europe dont la chute du Mur de Berlin, puis la réunification allemande sont le meilleur exemple.

Sujet 1 - Composition (S)

Le sujet : La décolonisation de la fin de la Seconde Guerre mondiale aux années 1960

Ce sujet est en quelque sorte la suite logique du sujet de l'an dernier portant sur la colonisation. Il correspond aussi à une actualité avec les 50 ans des accords d'Evian et donc de la fin de la guerre d'Algérie.
Le principal piège vient des limites chronologiques du sujet. Il ne faut pas dépasser la borne des années 1960 : il est donc inutile de développer les conséquences de la décolonisation (le Tiers-Monde et ses difficultés). Ce n'est donc qu'une partie du chapitre sur la décolonisation, traité à l'intérieur du thème "Colonisation et indépendance", qui doit être mobilisée. En revanche, ce qui avait été vu lors du bac blanc du mois d'avril (l'étude d'ensemble documentaire) pouvait être utilisé.

La problématique et le plan


Le sujet vise à développer les modalités selon lesquelles les peuples colonisés ont acquis leur indépendance : le singulier de décolonisation est trompeur, il faut insister sur la diversité des décolonisations. La logique veut que l'on suive un fil chronologique pour étudier les prémisses, les premières décolonisations (asiatiques), puis les décolonisations suivantes. Le sujet n'évoque ni les conséquences ni les tentatives d'organisation des pays décolonisés, il n'est donc pas attendu un développement sur le Tiers-Monde. On peut alors réutiliser le plan du cours sans la troisième partie.

Dans un premier temps, il faut insister sur le contexte de la fin de la Seconde Guerre mondiale qui est favorable à ces indépendances (émancipation des peuples asiatiques dès la guerre, position anticolonialiste des deux Grands, principes de l'ONU, participation des troupes coloniales à la guerre...). Il n'est alors pas étonnant que les premières tentatives d'indépendance voient le jour en 1945 (Inde, Indonésie, Viêt-Nam, Algérie)
Mais la première vague de décolonisation touche d'abord l'Asie pour plusieurs raisons (éloignement de la métropole, statut de protectorat qui met en avant des élites locales, ancienneté des mouvements nationalistes...). Mais, elle prend des formes différentes selon la réponse apportée par la puissance coloniale : négociation pour les colonies britanniques, répression et guerre coloniale pour les colonies françaises et néerlandaises. Dans le cas de la négociation, la violence peut être également présente (Inde).
La seconde vague concerne l'Afrique, continent pour lequel on retrouve les deux formes de décolonisation même si la guerre concerne exclusivement l'Algérie. Les autres colonies africaines de la France obtiennent leur indépendance par la négociation. Il convient alors d'expliquer la particularité de l'Algérie pour la France (colonie de peuplement, colonie découpée en départements français...).
En conclusion, on peut noter qu'à la fin des années 1960, la plupart des colonies ont acquis leur indépendance, ces colonies ont ensuite tenté de se regrouper à l'intérieur d'organisations communes. C'est ce que l'on a nommé le Tiers-Monde.

Sujet 2 - Composition (L-ES-S)

Le sujet : La Ve République : institutions et vie politique

Un sujet très classique qui est en écho avec l'actualité de l'année 2012 avec les élections présidentielles et les élections législatives. Cela correspond au chapitre 2 sur l'évolution politique à l'intérieur du thème 3 sur la France de 1945 à nos jours (L-ES). Le sujet était très proche de celui traité dans l'étude d'ensemble documentaire donnée le 23 mai dernier. Pour les S, il s'agit du chapitre sur le nouveau système républicain du thème 3 sur la France de la Ve République.
Le risque est de vouloir trop dire et d'accumuler les exemples. Il ne faut pas perdre de vue la problématique et donc insister entre les institutions et la pratique de ces institutions par les différents gouvernements.

La problématique et le plan :


Il s'agit de présenter le fonctionnement des institutions de la Ve République et la manière dont elles ont fonctionné de 1958 à nos jours. Le plan qui apparaît comme le plus logique est alors un plan chronologique (le plan du cours convient parfaitement).
Dans un premier, il faut rappeler le contexte de la création de la Ve République (crise de la IVe République, guerre d'Algérie, crise du 13 mai 1958, appel à de Gaulle pour gouverner...) et décrire le nouvel équilibre des pouvoirs qui résulte de la Constitution (pouvoir exécutif renforcé avec une Assemblée Nationale qui garde tout de même un droit de contrôle sur le gouvernement).
Ensuite, il faudrait insister sur la stabilité des institutions et de la vie politique avec une domination des forces gaullistes de 1958 à 1981. Il n'est pas nécessaire de décrire en longueur l'action de chaque président pour insister davantage sur la continuité d'action de Charles de Gaulle à Valéry Giscard d'Estaing. On doit rappeler que l'élection du président au suffrage universel (changement dans la Constitution en 1962) renforce son autorité et assure un lien direct entre le peuple et le chef d'Etat.
Enfin, dans une troisième partie, il conviendrait d'insister sur les mutations de la vie politique et de la pratique des institutions depuis 1981. La première d'entre elles est l'alternance avec l'arrivée de la gauche au pouvoir. On montre ensuite ce qui change dans les priorités du gouvernement. Deuxième mutation, la cohabitation fait son apparition dans la vie politique en 1986 lorsque la gauche perd les élections législatives et que François Mitterrand se trouve contraint de nommer Jacques Chirac comme Premier Ministre. C'est pour mettre fin à cette cohabitation, qu'il est décidé de réduire le mandat du président à 5 ans et de faire suivre l'élection présidentielle de l'élection législative (réforme constitutionnelle de 2000). Paradoxalement, cela renforce le pouvoir du président, on a même pu parler d' "hyperprésidence" sous le mandat de Nicolas Sarkozy. En fait, la cohabitation est un signe d'une plus grande méfiance entre le peuple et les responsables politiques, méfiance et distance qui peuvent s'exprimer également par l'abstention ou par le vote protestataire (ex. 21 avril 2002).

Sujet 3 - Étude d'un ensemble documentaire


Le sujet : Vers un nouvel ordre mondial : espoirs et réalités


Ce sujet correspond au dernier chapitre du thème 1 sur le Monde de 1945 à nos jours et c'est un sujet difficile : difficulté de ce type d'exercice qui nécessite de faire le lien entre les documents et le cours, mais  difficulté aussi de certaines documents (doc. 1 et 2) qui demandaient de connaître le sens d'expressions comme "économie mixte", "pétro-monarchies", "jihad"... Cependant les questions de la première partie consistaient, pour l'essentiel, à relever les informations des documents, encore convenait-il de bien comprendre les documents en question.

La première partie :

  1. Le texte de John Kenneth Galbraith est structuré en trois parties qui constituent trois enjeux différents du nouvel ordre mondial : la sortie du modèle communiste pour les anciennes démocraties populaires, un rôle plus actif joué par l'ONU (avec en particulier un droit d'ingérence) et une meilleure répartition de la richesse.
  2. On attend que le candidat relève des menaces qui contredisent les espoirs de John Kenneth Galbraith. La première menace se trouve justement dans le texte de ce dernier quand il évoque les massacres à l'intérieur des pays. Mais au-delà des guerres civiles, ce qui menace la paix dans le monde, et donc ce nouvel ordre mondial souhaité, est l'apparition d'une menace terroriste internationale portée par la nébuleuse Al-Qaïda (doc. 2). En réaction à cette menace, les États-Unis se représentent le monde comme un terrain d'affrontement entre puissances du Mal et puissances du Bien (doc. 3). La logique de la solidarité a donc été remplacée par celle de l'affrontement.
  3. Il convient de bien décrire l'image ou plutôt les images. Celle du haut représente un Américain désemparé par l'organisation complexe du monde tandis que celle du bas, le montre rassuré, le monde se résumant désormais à une opposition entre le Bien et le Mal. Ce qui est dénoncé ici est donc une vision manichéenne du monde, c'est la vision que portait le président George Bush quand il évoquait l'Axe du Mal des pays soutenant le terrorisme.
  4. Pas de difficultés pour cette dernière question : il s'agit juste de montrer que les défis signalés dans le doc. 1 n'ont pas été relevés : permanence des guerres et accroissement des inégalités.

La réponse organisée :

Le sujet et les questions de la première partie conduisent à envisager trois parties distinctes :

  1. Il convient de présenter le rêve de nouvel ordre mondial qui fait suite à la disparition de l'URSS. On rappelle rapidement le contexte, pour reprendre les 3 enjeux relevés par John Kenneth Galbraith et les premières réalisations faites : intégration d'anciens pays communistes dans l'UE (2004), accords de paix sous l'égide des États-Unis (Camp David, Dayton), interventions pour défendre le droit d'ingérence (ex. Kosovo).
  2. Le début des années 2000 marque une rupture avec les attentats du 11 septembre 2001 et l'essor des mouvances terroristes islamistes. Les puissance occidentales sont alors obnubilées par cette menace terroriste, d'où une vision manichéenne du monde (Axe du Mal)
  3. La réalité du nouvel ordre mondial est alors marquée par des conflictualités qui n'ont guère baissé d'intensité (ex. du génocide au Rwanda). Les E-U se sont également lancés, avec ses alliés, dans des interventions militaires longues, coûteuses et peu efficaces (Afghanistan, Irak). Finalement, la négociation internationale (le multilatéralisme) est en panne : manque de volonté politique pour réduire la pauvreté ou aider les pays en difficulté économique, accord introuvable sur la diminution des gaz à effet de serre.

Il était cependant possible de reprendre un plan en deux parties sur le modèle du cours.

Les croquis en géographie

Sujet 1 (L-ES) : Un espace en recomposition : la Russie

croquis_russie.jpg

Sujet 1 (S) : L'espace méditerranéen : une interface Nord-Sud

Croquis_Mediterranee.jpg

Sujet 2 : Centres d'impulsion et inégalités de développement dans le monde

Ce croquis présentait davantage de difficultés : il fallait faire le lien entre le croquis sur la mondialisation (centres d'impulsion) et celui sur l'inégale intégration dans la mondialisation (inégalités de développement). Il ne s'agissait pas de recopier (bêtement) un croquis vu en classe : la légende doit faire le lien avec le sujet. Voici ce que cela pouvait donner :

croquis_centres_d_impulsion_et_inegalite_de_developpement.jpg

lundi, septembre 26 2011

Le développement du précariat et le temps partiel subi

En cours, nous avons vu qu'à partir de la deuxième moitié des années 1980, on passe d'une économie de la stagflation et à une économie mondialisée et précarisée. Ce précariat prend par exemple la forme du temps partiel subi. Le site, très utile pour les SES, L'Observatoire des inégalités dans un article sur le sujet donne un graphique qui indique bien cet essor du temps partiel subi à partir du début des années 1990 :

Si un actif sur 5 travaille à temps partiel, un quart de ceux à temps partiel déclare vouloir travailler davantage. D'autres estiment ne pas pouvoir travailler plus pour des raisons familiales ou pour des problèmes de garde d'enfants. Le temps partiel subi concernerait ainsi 1,25 millions de personnes, et plus particulièrement les femmes. Parmi ces femmes, on retrouve la surreprésentation, hélas classique, des jeunes et des non-diplômées.

Comme quoi, avoir un diplôme continue d'être une forme de protection face à  cette précarité.