L'Histoire Géo au lycée Vinci

Le modèle américain en 3 génériques

Le modèle politique : une démocratie libérale

  • Le mythe fondateur : la Conquête de l’Ouest

Ce thème a été popularisé au cinéma par les films de western. L’imaginaire lié à ce mythe est tellement fort qu’il a traversé les frontières et qu’on le retrouve dans la bande dessinée franco-belge avec la série de Lucky Luke ou celle de Blueberry ou bien encore dans le cinéma italien avec ce que l’on a appelé les western-spaghetti (et en particulier les films de Sergio Leone).

Ici, il s’agit du générique d’un film de western culte : La Conquête de l’Ouest de John Ford avec John Wayne, de 1962. Le titre original est en fait How the West was won. Cela traduit bien un thème important du mythe de la conquête de l’Ouest : l’Ouest est une contrée sauvage qui devient la terre d’accueil d’Américains, de condition très modestes, qui vont « civiliser » cet Ouest, le développer et qui vont s’enrichir de cette façon.

Les premières images montrent ces vagues de migrants allant vers l’Ouest en espérant la fortune. Cette migration est montrée telle une chevauchée héroïque. La violence de cette conquête y est tout juste suggérée par l’image brève de canons : les Amérindiens que l’on voit paraissent avoir été déjà « pacifiés ».

Dès lors, les signes de civilisation se multiplient : c’est l’arrivée du train qui permet d’assurer les liaisons avec la côte Est, les constructions de maisons, les bateaux qui circulent sur les rivières, les champs qui sont cultivés et enfin la figure du shérif qui lutte et vainc les différents bandits.

Le mythe de la Conquête de l’Ouest met donc en scène plusieurs figures :

  • le shérif incarne la loi et l’autorité qui finissent par s’imposer dans cet Ouest sauvage pour en faire une région civilisée.

  • Le pionnier qui quitte tout pour tenter sa chance et réussir grâce à sa ténacité dans un Ouest sauvage.

  • Le cow-boy qui est un vacher, c’est-à-dire un gardien de troupeau : il est prêt à mettre en jeu sa vie pour défendre son bien.

  • Le modèle économique

Dallas est une des séries les plus connues à travers le monde de l’Amérique triomphante. Elle a été diffusée entre 1978 et 1991 et correspond à une période d’affirmation des Etats-Unis à travers le monde (avec le slogan « America is back » du président Reagan lors de la campagne électorale de 1980). Il est d’ailleurs intéressant de noter que la série disparaît en même temps que l’URSS.

La série met en scène une riche famille dont la prospérité repose à la fois sur l’élevage et sur l’exploitation de pétrole. Ce sont en effet deux secteurs économiques importants pour l’Etat du Texas.

Les premières images du générique correspondent à des images aériennes de la ville qui illustrent cette richesse économique : image d’autoroutes conduisant vers de nombreux gratte-ciel. On peut remarquer que cette ville au milieu d’une région qui apparaît aride permet de renouveler le mythe de la Conquête de l’Ouest : là aussi, le peuple américain a réussi civiliser un milieu hostile, une ville est ainsi née au milieu du désert. La suite du générique juxtapose les images de la modernité et du gigantisme de l’agriculture texane et celles de l’exploitation du pétrole et de la fortune qui en découle. Là encore, le thème de la Conquête de l’Ouest est renouvelé car l’élevage et l’exploitation du pétrole sont des activités qui étaient au centre des films de western. Le cow-boy de Dallas a toujours un chapeau, monte à cheval même s’il travaille essentiellement en circulant en 4x4 et en faisant marcher de nombreuses moissonneuses batteuses. Mais comme les pionniers de la Conquête de l’Ouest, les Américains de Dallas se sont lancés dans l’économie à partir de rien et ont bâti des empires. Leur violence dans l’économie, mise en avant dans les paroles de la chanson de générique, rappelle la violence présente dans l’Ouest sauvage.

  • Un modèle de société

La série La Fête à la Maison est un peu plus récente, elle a été diffusée de 1987 à 1995. L’image qui est donnée de la société américaine est celle d’une société centrée sur la famille. Mais ce sont rarement les familles les plus pauvres qui sont montrées dans ce type de séries.

Le générique met en effet en scène le mode de vie et donc le niveau de consommation de cette famille américaine. La première image montre par exemple cette famille rassemblée dans une grosse voiture décapotable. La voiture n’est pas un simple moyen de transport pour la famille américaine : c’est un symbole de richesse (d’où des voitures démesurément longues et grosses) également souvent associé à une certaine idée de l’individualisme et de la liberté (d’ailleurs l’émancipation des jeunes ne passe-t-elle pas par le fait d’avoir sa voiture ?). Du coup, cette voiture, on la soigne, on s’y attache (d’où l’image où un des personnages essuie son pare-brise).

Enfin, ce niveau de vie est également suggéré par les images d’une maison individuelle dont on est propriétaire. Cette maison doit avoir son jardin, soigneusement entretenu également (d’où les jolies fleurs). Mais ce qui est le plus caractéristique de ce mode de consommation est sûrement l’image de fin avec la vaste étendue de pelouse juste devant la maison.

Ce générique est ainsi une parfaite illustration de l’American way of life et des valeurs qui lui sont étroitement liées : l’individualisme et le rôle essentiel de la famille proche.

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